Page blanche

Ces inspirations diverses me sont insufflées par des intelligences inouïes, me laissant pantois, pour apprendre à savoir dire à mon tour

Denis Roche, l’absolu, vous êtes celui qui m’a poussé dans l’épaisseur même de l’image, qu’avant vous je manipulais naïvement, sans savoir que vous m’attendiez au coin d’un bois de bibliothèque
Bernard Plossu, qui m’avez appris très tôt à rêver sans honte et sans limites
Willy Ronis, une re[co]naissance tardive, à qui je dois d’avoir compris pourquoi certaines images m’asphyxiaient autant qu’une Toccata de J.S. Bach
Jean-François Bauret, votre amour du portrait m’a révélé la béance au cœur de mes images, je bûche comme un damné à combler ce manque
Duane Michals, dont j’effleure à peine les audaces, incrustées au sein même de mes propres rêves
Jean-Loup Sieff, à qui je confiais en secret mon goût pour les noirs infinis, la soie des peaux et les paysages aux yeux clairs
Michael Kenna, blanc comme mes songes, aux immobilités envoûtantes
Yves Bonnefoy, révélateur de mon impuissance à creuser les mots assez profondément
Francis Ponge, lointain provocateur de ces lignes perdues
René Char, horizon du passé comme du présent